“Des Beaux Débats” : faire évoluer la “Nuit de l’éloquence” vers un nouveau format, qui fait primer des échanges argumentés, respectueux et constructifs sur les grands thèmes qui structurent notre démocratie.
En 2010, a été créée la première édition de la Nuit de l’Eloquence, qui visait à faire rayonner l’art de la parole autour de grandes figures du barreau.
16 ans plus tard, il nous a paru que le besoin est désormais ailleurs. Dans un monde où les réseaux sociaux et l’actualité continue a conduit à une intense polarisation des idées, et à une caricature permanente des positions et des individus qui les expriment, le besoin est de retrouver des temps d’échange constructifs, respectueux, argumentés et loin des codes de la médiatisation actuelle.
C’est dans cet esprit que nous avons réuni quelques amis et partenaires de Vey & Associés, le temps d’une soirée, au Procope — ce lieu mythique où, depuis des siècles, les idées s’entrechoquent.
Pour cette première édition, nous sommes restés dans notre sphère naturelle, en organisant un débat sur les frontières de l’Etat de droit.
Sous la modération élégante de Quentin Périnel, journaliste au Figaro, Eric Dupond-Moretti et Laurent Wauquiez ont accepté de partager leurs visions de ce sujet.
Pour Laurent Wauquiez, l’Etat de droit est en passe d’être dévoyé, par une confiscation du pouvoir du peuple au profit de normes jurisprudentielles qui réduisent peu à peu le périmètre d’action u politique. Faute de devenir comptable de ses électeurs, cette impuissance accroît le discrédit des citoyens, ce qui favorise les extrêmes. L’Etat de Droit ne doit donc pas s’opposer à l’action politique qui s’exprime par la loi. Le juge doit être bouche de la loi, mais pas créateur de normes.
Eric Dupond-Moretti s’est lui posé en “avocat” des institutions judiciaires. Les affaiblir revient nécessairement à fragiliser la démocratie, en sapant l’autorité de l’institution judiciaire et en fragilisant les principes du vivre ensemble. Il a rappelé les grandes avancées de la jurisprudence, notamment sous l’impulsion de la CEDH.
Dans cet échange, riche, sympathique et précis, c’est toute la mécanique de l’Etat de droit qui s’est dévoilée, dans sa complexité et sa vitalité.
Avec respect mais sans retenue, chacun a défendu sa vision du monde. Et, l’espace d’un instant rare, nous avons vécu un “beau débat”, enrichissant et éclairant.
Les orateurs en sont sortis tous les deux renforcés, et au fond d’accord sur un point essentiel : la démocratie nécessite de faire primer le débat d’idées, et d’accepter de confronter son point de vue à celui des autres.
Merci à Eric Dupond-Moretti, Laurent Wauquiez pour ce moment d’exception, ainsi qu’à Quentin Périnel, Guillaume Courvoisier-Clément et Bertrand Périer pour leurs interventions.
Le prochain “beau débat” aura lieu le 25 juin.
Si vous souhaitez plus d’informations, n’hésitez pas à nous écrire : event@vey-associes.com